Que se passe-t-il au fond de soi lorsque l’on est bénévole ? Comment le vit-on et pourquoi continue-t-on à s’engager ainsi jour après jour ? Cela fera huit ans, le 31 août précisément, que Marie-Christine sera retraitée. Celle qui était dans l'enseignement catholique, d’abord comme surveillante et jusqu’à devenir directrice d’un collège, puis d’un lycée catholique, à Châlons-en-Champagne, a eu une vie professionnelle bien remplie.
Alors, au moment de quitter son travail, Marie-Christine a souhaité continuer à avoir une vie tournée vers les autres, « et ne pas rester à la maison à rien faire », comme elle dit. « Trop de personnes ne préparent pas leur retraite et font une dépression » souligne-t-elle encore. Voici comment Marie-Christine s’est retrouvée responsable des bénévoles du Secours Catholique à Châlons-en-Champagne. Un sacerdoce quotidien qu’elle raconte volontiers, avec un enthousiasme et un engagement solides. Pour rejoindre l’association Secours Catholique, relevez le défi sur Diffuz. Que se passe-t-il concrètement au sein de l'équipe de Châlons-en-Champagne ? Nous proposons un accueil de jour, avec café ou petit-déjeuner le matin, et des ateliers ou une collation l’après-midi. Nous organisons des ateliers de réalisation de CV, ou de soutien informatique. Hier, 50 personnes sont venues, des personnes qui vivent dans la rue, et surtout en hébergement d'urgence. Au-delà de la nourriture, c’est aussi l'occasion de discuter, rompre l'isolement. Certains vivent en appartement, mais sont seuls et ont envie de retrouver du monde. D’autres sortent de la prison, située à 500 mètres, et aucune famille n’est venue les chercher. Tout le monde peut venir. Certains proposent des séances de coiffeur chaque semaine contre une menue participation, d’autres des sessions d’apprentissage du français. Ils veulent rendre service, comme pour rendre un petit peu de ce qu'ils ont reçu lorsqu’ils sont arrivés, jusqu’à devenir bénévoles occasionnels. Voyez-vous l’accueil de jour “le Bistrot” comme un lieu essentiel de socialisation pour certaines personnes ? Certains, on le voit tout de suite, ont passé la nuit dehors et ont faim et froid. Ils viennent, ne s'occupent de rien, et mangent. Et c'est seulement après, une fois rassasiés, qu’ils s’ouvrent s’ils le souhaitent. On leur laisse le temps qu'ils veulent. Certains passent la matinée complète.
On a souvent les mêmes groupes qui se mettent par affinités autour des tables. Certains ne se voient que là. C'est vraiment le lieu de rencontre, un peu comme l’étaient les bistrots de villages ou de quartier dans le temps. Oui, pour ces personnes isolées, c’est un lieu de vie qui leur permet de créer du lien. Ce qui me fait le plus mal au cœur, c'est quand je retrouve au bistro du Secours Catholique des élèves que j'ai eu au collège. Qu’est-ce qui vous plaît dans cet engagement au quotidien ? D’abord les valeurs catholiques, c’est-à-dire un accueil inconditionnel, peu importe la religion, pour tout le monde. Nous faisons de l'accueil-accompagnement de ces personnes dans leur recherche de solutions, en lien avec le CCAS, la Croix-Rouge, les assistantes sociales, de multiples partenaires. On essaye de rendre service et de donner satisfaction à un maximum de personnes. J'ai aussi toujours aimé organiser, et mettre les gens en relation pour que ça fonctionne mieux. Et puis c'est essayer de mettre ma petite pierre à l'édifice pour que ces personnes aillent mieux, aient un accueil digne, prennent soin d’elles, sans distinction. Je crois en la fraternité, que l'on est là pour aider l'autre. |
 (Marie-Christine Secours Catholique Marne- Ardennes) |