Inspiration Solidaire : le bénévolat avec Lagom Natura

Grâce à Auriane et son asso Lagom Natura, « un festival a moins d’impact sur la nature qu’un week-end de pêche ».

Auriane Blanc Lagom Natura cropped

Auriane Blanc (Copyright Lagom Natura)

Après des études d'écologie, Auriane Blanc aura vite préféré l’action aux affres de la recherche. Depuis le Poitou, la jeune femme a monté en 2018 Lagom Natura, une asso pour sensibiliser à l'environnement en festival, et protéger les zones naturelles proches. Le tout, en lien avec le département et  les organisateurs, à partir des documentations existantes sur les aspects sanitaires et les espèces locales, pour pouvoir en parler au mieux.

Alors que la saison des festivals démarre, Auriane l’assure, par leur action : « on a moins d'impact avec un festival de plusieurs milliers de personnes que sur un week-end de pêche ».

Rejoindre les missions Lagom Natura sur Diffuz et assister aux festivals Cognac Blues, Jussie, Stéréoparc et European Street Rod Festival.

L’été des festivals a démarré. À quoi ressemble la vie de l’asso en ce moment ?

Auriane : C’est le début de la grosse période pour nous. Tout le monde est bénévole, alors chacun·e se place sur les événements auxquels ils et elles souhaitent faire des missions. En échange, chacun·e peut profiter du festival, tout étant nourri et logé. 

Les plannings sont adaptés pour assister aux concerts que chacun·e à envie de voir, et en profiter au maximum. Parce que ça demande beaucoup d'investissement personnel. Le tout, toujours dans une bonne ambiance.

Que fait le bénévole sur place ? Quelles sont ses missions ?

Au Dub Camp par exemple, nous délimitons une zone autour du lac, puis les bénévoles patrouillent à vélo, à pied, en kayak, pour éviter que les gens n'aillent se baigner et qu'ils respectent la zone naturelle. 

Nous ne sommes pas dans la punition, mais dans l'explication. Nous parlons des espèces locales protégées ou sensibles, nous proposons des petits jeux. Un bénévole a même fait un « Entomolodex », un Pokédex d’insectes qu’il a photographié pour les présenter.

À chaque fois, une ou deux personnes est déjà intervenue lors de l'édition précédente ou sur d'autres événements, certain·es sont naturalistes et viennent partager des connaissances. Pour les autres, une formation est prévue sur la thématique de la biodiversité ou du développement durable. Chaque briefing est adapté à l’événement, avec des missions spécifiques.

Les ateliers de sensibilisation classiques sont parfois un peu scolaires. Avez-vous une façon particulière d'amener cette relation à l'environnement proche ?

Nos ateliers ne sont pas trop longs, on reste dans un contexte de festival. Alors, quand des personnes essaient de passer dans la zone, on leur montre des photos, on partage nos connaissances de façon informelle. Au stand, des petits jeux autour de la biodiversité et de la nature sont proposés aux festivaliers, qui y jouent dans l'herbe, profitant de l'ombre.

Nous avons aussi développé nos propres jeux : un Twister naturaliste, où l’on pose sa main ou son pied sur un insecte ou un reptile plutôt qu’une couleur. On essaie de rendre ça un peu ludique, fun, avec des petits lots, un petit jeu de piste. Nous sensibilisons aussi les équipes du festival qui en ont envie. L’idée est de rester bon enfant.

De nombreux festivals vous sollicitent aussi pour la gestion du ramassage de déchets.

Oui. Au Motocultor par exemple, le matin, nous passons devant les scènes pour ramasser ce qui a été oublié ou jeté. Vers 11h, direction les campings pour distribuer des sacs et expliquer les conflits de tri, où mettre les sacs à la fin du festival. Et ensuite en soirée pour nettoyer les espaces restauration. 

C’est très convivial. Et le reste du temps, chacun·e est libre de voir les concerts. Je ne m'attends pas à ce que tout le monde soit sobre. C'est un festival, et en général, le public est content que l'on distribue des poubelles. Alors si on se voit proposer une bière, chacun·e est libre de l'accepter. 

Un festival, et l'événementiel en général, permet d’être plus enclin à découvrir de nouvelles choses. C'est une bonne occasion d’interroger notre curiosité sur le monde vivant.

👉Pour rejoindre l’association : devenez bénévole sur Diffuz.
Article en partenariat avec Pioche.