Inspiration Solidaire : le bénévolat avec Secours populaire

Journées des oubliés des vacances : « Quand les enfants nous sautent au cou en disant « merci », on a souvent les larmes aux yeux » – Marie-Pierre Castel (Secours populaire)

Écouter Marie-Pierre parler de la Journée des oubliés des vacances met les larmes aux yeux. Cet événement annuel est organisé par le Secours populaire français depuis 1979, pour permettre aux enfants de familles précaires de s’évader le temps d’une journée. Pour sa part, Marie-Pierre n’en manque aucune depuis 2014.

Ancienne cadre de direction chez Sodexo, Marie-Pierre a rejoint « à fond » le Secours populaire français de Boulogne (92) pour tenter, toute l’année, grâce à de multiples sorties et activités, « de mettre aux familles et aux enfants des étoiles dans les yeux ». 

Forcément, pour cette grande journée qui amène 5 000 enfants à la plage, notre jeune retraitée est dans l’équipe bénévole organisatrice. Qu’il fasse beau, ou, comme cette année, que ce soit plût l’aventure… Elle nous raconte cet événement exceptionnel depuis les coulisses.

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Marie-Pierre (Secours Populaire)

 

Comment est-ce que vous la présentez, vous, cette Journée des oubliés des vacances ?

Marie-Pierre Castel : C'est une journée où 5 000 enfants d'Île-de-France sont emmenés au bord de la mer pour passer une journée à la plage. Ils peuvent s’y baigner, mais il y a beaucoup d'autres jeux prévus. 

Ce sont souvent des enfants qui n'ont rien fait de tout l'été, parce qu'ils n'ont pas les moyens. Là, ils sont pris en charge toute la journée. 

Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est la logistique. Il y a 150 cars, jusqu’à 1 500 bénévoles. Organiser ça, soit à Deauville, soit à Cabourg, c'est au millimètre près. Des bénévoles de chaque ville aident, dirigent, accompagnent. C'est incroyable. 

C'est une machine de guerre. On s'arrête sur une aire d’autoroute à l'aller pour le petit déjeuner, et au retour pour le dîner, il y a le pique-nique à la plage, le goûter. Tout ça aidé par beaucoup de sponsors. Les enfants ont des tas de cadeaux. C'est une journée de fête.

Ces enfants rentreront en classe peu de temps après, et ils pourront dire : moi, j'ai été à la plage. Il y a une joie, ils sont tous comme des fous. C'est difficile à décrire, tellement c'est puissant et beau à vivre. Moi, tant que je pourrais, je la ferais.

 

Cette joie, c’est aussi ça le moteur des bénévoles qui viennent aider ? 

Vous savez, l'émerveillement des enfants, quand ils viennent nous voir en disant « je suis trop contente c'est la première fois que je viens à la mer », qu’ils nous sautent au cou en disant « merci, c'est grâce à vous », c'est... Je ne sais pas comment vous dire. 

À partir du moment où vous aimez rendre les gens heureux, pour nous, c'est tout ce qui compte. Pourtant, ce n'est pas toujours facile. Il faut se lever tôt. J'ai beaucoup de réunions et d’administratif, puisque je suis la référente du car.

Mais arriver sur la plage, les voir courir. On a tous des étoiles dans les yeux. Et puis, je pense que s'ils demandent chaque année à être bénévole, c'est que ça leur apporte du bonheur. On dit toujours que donner, c'est souvent plus agréable que recevoir. Nous, c'est un peu ça.

 

Quel plaisir d'entendre ce genre de mots, dont on a tant besoin dans l’époque chahutée qui est la nôtre. 

On a aussi souvent les larmes aux yeux. Pourtant, c'est très difficile à raconter, parce qu'en fait, ça se vit. Certains bénévoles, cette année, nous ont dit : « on va venir parce qu'on veut vraiment voir ça ». Ils essaient, et ils reviennent d'eux-mêmes. 

Ma fille aînée en est déjà à la quatrième, elle ne voudrait manquer ça pour rien au monde.

 

Au final, comment s’est déroulée cette édition 2026 ?

Intense ! Cette journée a été exceptionnelle dans tous les sens du terme. Nous savions qu'il allait pleuvoir, et nous avions déjà connu cela. Mais, cela a dépassé tout ce que nous pouvions imaginer. Avec ces mois tellement ensoleillés, nous en avions oublié la pluie.

Le temps était gris mais les enfants ont pu se baigner toute la matinée, l'eau étant bien chaude. À l'heure du déjeuner, pluie battante, vent, baignade interdite. À 15h, nous avons été évacués dans de grandes salles de conférence jusqu'à 20h. Au final, et grâce à nos super bénévoles, nos enfants ont tout de même joué comme des fous. 

Le soir même et les jours suivants, des parents nous remerciaient par message pour la belle journée que leurs enfants avaient passée. Et malgré un contexte éprouvant, nous, les bénévoles, avons aussi passé une super journée. Je crois que cela explique encore mieux pourquoi je suis bénévole au Secours populaire français, et heureuse de l'être.

👉Pour rejoindre l’association : devenez bénévole sur Diffuz.
Article en partenariat avec Pioche.